Le
heavy metal se caractérise par la dominance de la
guitare et de la
batterie, ainsi que par une rythmique puissante. Il puise ses influences dans le
rock, la
musique classique et, dans une moindre mesure, le
blues. Toutefois, comme il englobe de nombreux sous-genres qui se sont démarqués les uns des autres de par leurs propres variations stylistiques, il existe désormais une très grande variété de sons et de styles au sein du genre dit
« heavy metal ».D'après le site
All Music Guide, « de la kyrielle de formes musicales engendrées par le rock'n' roll, le heavy metal constitue la plus extrême en termes de volume sonore, de machisme et de théâtralité. »
Instruments et sons Dans sa configuration instrumentale la plus fréquente, un groupe de metal est composé d'un
batteur, d'un
bassiste, d'un
guitariste rythmique, d'un
guitariste « lead » et d'un
chanteur (qui peut jouer ou non d'un instrument). Les claviers
— surtout l'orgue et parfois le mellotron — étaient relativement répandus dans les premiers groupes de heavy metal mais, graduellement, leur utilisation est devenue de moins en moins fréquente. Au sein des groupes des années 2000, les claviers sont en vogue (tout particulièrement les synthétiseurs) dans certains sous-genres, tandis qu'ils sont rejetés par d'autres.
La GuitareLa guitare, alliée à la puissance sonore qu'elle propulse grâce à l'amplification, constitue
l'élément-clé du heavy metal. La distorsion du son de guitare est utilisée pour créer un son plus puissant et plus lourd. Au fil de l'évolution du genre, les solos de plus en plus complexes et les riffs deviennent la marque de fabrique de la musique heavy metal. Pour un jeu rapide, les guitaristes utilisent, entre autres techniques savantes, les techniques du sweeping et du tapping, d'autant que nombre de sous-genres encouragent la virtuosité au détriment de la simplicité. Par ailleurs, au fur et à mesure des progrès technologiques, de nouvelles techniques permettant de transformer le son de la guitare sont adoptées par les musiciens.
Au cours de la première moitié des années 1970, commencent à émerger des groupes comprenant deux guitaristes « lead » — notamment
Wishbone Ash,
The Allman Brothers Band,
Scorpions,
Thin Lizzy et
Judas Priest, tous célèbres pour leurs paires de guitaristes capables d'assurer tant les solos et les mélodies que les accompagnements et les harmonies. Bon nombre de groupes, comme
Iron Maiden, ont alors pour habitude de faire alterner au sein d'un même morceau les jeux de leurs deux guitaristes, qui endossent tour à tour les rôles de guitariste rythmique et de guitariste « lead ».
La basseDans le metal, contrairement à des styles comme le jazz ou le funk, la basse tend généralement à assumer le rôle traditionnel d'un instrument de registre grave. En effet, la basse est généralement utilisée pour doubler à l'octave les parties basses de la guitare pour mettre en relief la base harmonique des riffs. À ce titre, le rapport de la basse et de la guitare rythmique peut être dans une certaine mesure comparé au rapport contrebasse / violoncelle des ensembles instrumentaux classiques, où la contrebasse vise le plus souvent à doubler à l'octave la ligne du violoncelle.
À ce rôle de base de doublure de la guitare, les bassistes ajoutent parfois aussi des notes d'ornements ou des notes de passage pour enrichir leurs lignes. La basse est aussi souvent utilisée pour jouer des pédales d'harmonie en fond, tandis que les guitares jouent différentes harmonies par dessus.
En dehors du rôle traditionnel qui lui est le plus souvent assigné, il arrive parfois que la basse joue un rôle plus autonome et plus indépendant de la guitare. C'est notamment le cas du style de
Cliff Burton dans
Metallica, où la basse pouvait jouer parfois un jeu de dialogue avec la guitare
(exemple : For Whom the Bell
Tolls ou Orion). L'indépendance de la basse est souvent un élément récurrent dans le metal alternatif et un rôle fondamental dans le style dit Funk Metal, qui reprend l'importance attribuée à la basse dans le funk, comme c'est le cas d'un groupe comme
Red Hot Chili Peppers, qui joue souvent des lignes totalement différentes de celles de la guitare.
Les lignes de basses sont normalement jouées grâce aux frôlements des doigts sur les cordes (certains jouent à deux doigts, index et majeur, d'autres rajoutant l'annulaire). Mais dans les lignes rapides qu'exige le style, certains bassistes préfèrent utiliser le médiator pour augmenter leur vitesse de jeu. De plus, cela donne un son plus incisif et métallique au son rond habituel de la basse. Il existe également le slap, rarement utilisé dans les branches traditionnelles du metal, mais très largement dans le metal alternatif.
La voixLes techniques vocales utilisées dans le metal varient grandement d'un groupe à l'autre. L'habileté vocale des chanteurs peut s'observer aussi bien dans les voix théâtrales couvrant plusieurs octaves de
Rob Halford (
Judas Priest) et de
Bruce Dickinson (
Iron Maiden) que dans les techniques vocales volontairement bourrues de
Lemmy Kilmister (de
Motörhead). Dans les sous-genres du heavy metal, on rencontre souvent aussi la technique vocale du death grunt popularisée par
Jeff Becerra de
Possessed et pratiquée par de nombreux groupes de death, grind, doom et gothic metal ou encore le chant éraillé, fréquent dans le black metal. Au milieu des années 1990, on assiste à une évolution du chant dans les groupes de metal/nu metal. Ainsi, pour beaucoup de groupes, le chant devient alterné ; cela consiste à passer des vocaux clairs-mélodiques au chant éraillé. Ce type de vocaux apparaît avec des chanteurs comme
Johnathan Davis (
Korn) ou
Burton C. Bell (
Fear Factory). Plus récemment, certains groupes (tout particulièrement ceux de metal symphonique) tendent à intégrer des chanteurs qui maîtrisent les techniques du chant lyrique, comme
Tarja Turunen (
ex-Nightwish) ou
Sarah Jezebel Deva (
Cradle of Filth,
Therion).
La batterieÀ l'origine, côté percussions, le heavy metal reprenait les techniques de jeu traditionnelles du rock. Mais de nombreux sous-genres ont par la suite popularisé certaines techniques spécifiques comme la double pédale, les skank-beats et, tout particulièrement, les blast beats. Ces techniques de jeu permettent de créer des phrases rythmiques dynamiques et fulgurantes qui soulignent et ponctuent la dynamique des guitares.
La double pédale de grosse caisse fut introduite dans le heavy metal avec les premiers essais de speed metal —
Judas Priest avec « Exciter » (1978) et
Accept avec « Fast as a Shark » (1982) —, puis entérinée par les premiers groupes de thrash au début des années 1980. Cette technique est très fréquemment utilisée dans le speed, le power metal, le thrash, le death et le black metal. Elle se caractérise par le recours à une technique de jeu synchronisé des pieds dans laquelle les pulsations sont réparties alternativement sur deux pédales, permettant de créer des phrases rythmiques fulgurantes à la grosse caisse.
Les skank-beats, popularisés par le hardcore et adaptés par les premiers groupes de thrash, consistent à jouer en réduction sur deux temps une phrase rythmique de rock classique de quatre temps, ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par deux alors même que le tempo n'a pas augmenté. C'est le rythme typique du thrash metal.
Les blast beats, caractéristiques des groupes de black metal, death metal et grindcore, désignent une technique et un motif rythmique très rapides consistant à jouer en réduction rythmique sur un seul temps une phrase rythmique de rock classique de quatre temps (deux successions grosse caisse/caisse claire en double croche), ce qui donne une illusion d'accélération de la musique par quatre. L'effet obtenu génère une impression de « mur de son ». Cette technique fut employée pour la première fois dans le Hardcore punk par le groupe
Dirty Rotten Imbeciles (DRI) en 1983 . Elle fut introduite dans le metal par
Charlie Benante du groupe
S.O.D. et
Mick Harris de
Napalm Death.
Pix : Scropions